Sommes-nous en « stagflation » ?

L’inflation est de retour. Eurostat a publié le 31 Mai l’inflation moyenne sur un an, elle est de 8,1% sur la zone euro. Du jamais vu dans la vie de la monnaie unique.

De son côté la croissance a fortement baissé. Pour la zone euro, elle a été de 0,3% au premier trimestre (mais -0,2% pour la France).

Les consommateurs, étranglés par la hausse des prix, ont moins consommé. Les entreprises ont mieux résisté. Dans ce contexte, les économistes sont divisés : Allianz et UBS continuent de prévoir une faible croissance au deuxième trimestre. C. Lagarde a même indiqué : « La stagflation n’est pas notre scénario de base ».

La BCE va donc augmenter prudemment les taux, pour légèrement freiner le crédit mais ne pas pénaliser la croissance. Le taux de référence est actuellement de -0,5%. Une hausse interviendra le 21 Juillet. Les faucons voudraient revenir à zéro dès cette date, mais on aura plus probablement deux hausses de 0,25% en Juillet et Septembre.

Source : E. Albert « La zone euro au bord de la stagflation » Le Monde 2 Juin 2022

Fin des taux très bas

La BCE a accéléré la cadence en raison de l’aggravation et de l’accélération de l’inflation.

Il paraît actuellement quasiment certain qu’il y aura une hausse des taux par la BCE le 21 Juillet, première réunion du Conseil des Gouverneurs au 3ème trimestre.

C’est un profond changement : La dernière hausse des taux de dépôt remonte à 2011, et, depuis 2014 ce taux était négatif.

Un point qui a alerté les membres du Conseil est que les salaires donnent les premiers signes d’augmentation, notamment en Espagne.

Source : E. Albert « la BCE prépare une hausse des taux dès Juillet », Le Monde 15/05/2022

L’Etat Russe est au bord du défaut de paiement

Depuis Mardi Soir 1er Mars les coupons des obligations libellées en roubles et détenues par des étrangers ne seront plus payés, pendant une période non définie.

Par ailleurs, le rouble continue sa chute Le 2 Février l’euro valait 86 roubles, aujourd’hui il en vaut 120. Et il y a un début de panique bancaire. Depuis 4 jours, d’après Allianz, environ 12% des dépôts bancaires ont été retirés.

Le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour empêcher les devises étrangères de fuir le pays. Les revenus des entreprises en devises doivent être converties en rouble à 80%. L’épargne des étrangers est bloquée, et il est interdit d’envoyer de l’argent à l’étranger.

Selon les estimations la Russie disposait d’environ 630 milliards de dollars de réserves (or ou devises). Mais les sanctions entrainent qu’environ 40 à 60% du total seraient devenues inaccessibles.

On souligne toutefois que tant que la Russie conservera une balance excédentaire (grâce au gaz et au pétrole), le défaut ne sera pas imminent. Et le risque de propagation s’est amoindri car depuis les premières sanctions en 2014,nombre d’investisseurs on réduits leurs avoirs en emprunts d’Etat russe et en rouble. On estime leur volume aujourd’hui à 20 milliards de dollars en dette de l’Etat russe et 30 milliards en autres dettes en rouble.

Source : Le Monde du Vendredi 4 Mars

C. Lagarde n’exclut pas une hausse des taux en 2022

En Décembre 2021 la BCE avait assuré qu’une hausse de taux en 2022 serait « très improbable » Mais ce Jeudi 3 Février 2022 la présidente a refusé à 2 reprises de confirmer cette prévision. Elle a indiqué qu’en Décembre cette annonce était conditionnée à l’évolution de l’inflation.

Les marchés ont sur réagi, les analystes prévoyant jusqu’à 4 hausses des taux dans l’année, et les taux longs se sont tendus. Pourtant, C. Lagarde a aussi rappelé qu’il y avait un « séquençage » des opérations ». Il faut d’abord ralentir puis arrêter les achats de dettes, ce qui prendra plusieurs mois, puis éventuellement annoncer une hausse des taux très progressive. Une première hausse est donc encore lointaine.

Source : E. Lamber « BCE : C. Lagarde n’exclut pas une hausse des taux dès 2022 », Le Monde Samedi 5 Février 2022

Création massive d’emploi en 2021

La France a créé 650.000 emplois en 2021. C’est un record depuis 20 ans. Toutefois on peut rappeler qu’en 2020 la crise sanitaire a causé la destruction de 315.000 emplois. Il n’empêche, la croissance de 7% en 2021 est une bonne nouvelle.

L’amélioration du marché de l’emploi touche tous les secteurs sauf malheureusement l’industrie.

Un autre bémol : le chômage partiel a causé un « suremploi » qui ne s’est pas résorbé complètement après la fin du dispositif. Donc la productivité a baissé. Pourquoi ? A part le chômage partiel on peut noter que le nombre de faillites a fortement baissé. Du niveau annuel habituel d’environ 50.000, ce nombre a été de 35.000 en 2020 et 28.000 en 2021. Il est donc possible que subsiste un nombre important d’entreprises « zombies » peu productives. Enfin les carnets de commande sont pleins et les entreprises répugnent à licencier. En 2022 les prévisionnistes espèrent une croissance de 3,6% ce qui est encore très bon, mais en raison du suremploi, il y a encore des ajustements à faire. Le taux de chômage à l’arrivée est donc difficilement prévisible.

Source : Béatrice Madeline « Le marché de l’emploi tourne à plein régime » Le Monde Samedi 5 Février 2022

L’emploi industriel en hausse ?

C’était devenu un lieu commun depuis les années 1990 d’observer la chute des emplois industriels en France. Il semble que la tendance se soit renversée depuis 2017.

Le graphique ci-dessous montre que malgré le trou de 2020-2021 dû à la crise sanitaire la tendance semble être à la remontée. A confirmer .bien sûr

Source : Chiffres INSEE

Fin des « quantitative easings » ?

Face à l’inflation renaissante, les différentes banques centrales réagissent en ordre dispersé.

La FED a indiqué qu’elle mettrait fin à ses achats d’actifs en Mars 2022. Par ailleurs elle a annoncé des hausses de taux d’un quart de point plusieurs fois en 2022. Les marchés anticipent une première hausse en Juin 2022.

La Banque d’Angleterre passe directement à la hausse des taux (hausse de 0,1% à 0,25% le 16 Décembre).

La BCE sera plus graduelle. Elle maintiendra ses soutiens par achats de titres pendant tout 2022, et une hausse des taux en 2022 est « très improbable » . Cependant le rythme des achats d’actifs, qui est actuellement de 80 à 100 milliards par mois sera réduit au premier trimestre 2022 à environ 70 milliards par mois, puis à 40 milliards au 2ème trimestre, 30 au 3ème, et 20 au 4ème. Sauf si aggravation de la situation…

Source : Le Monde 18/12/2021

Pouvoir d’achat en baisse en 2022

L’inflation va rogner le pouvoir d’achat des ménages de 0,5% au premier semestre 2022, d’après l’INSEE. Ceci est dû en partie au fait que l’indemnité « inflation » qui a été versée récemment, est comptabilisée en 2021. Du coup les revenus de 2022 apparaitront plus faibles.

Mais peut-être les négociations salariales en cours amèneront-elles un supplément pour le pouvoir d’achat.

En tout cas, à l’approche des élections, le gouvernement surveille ce paramètre comme le lait sur le feu.

Source : B. Madeline « Le pouvoir d’achat victime de l’inflation » Le Monde 16/12/2021

La FED va réduire ses achats de titres.

Le QE en cours aux Etats-Unis va se réduire. Le rythme actuel est de 120 milliards de dollars par mois La prévision faite est de réduire à 105 milliards en Novembre et 90 milliards en Décembre, avec un objectif de réduction à zéro en Juin 2022.

La FED ne prévoit pas de relever les taux car le marché de l’emploi n’est pas au maximum. L’inflation est là mais on estime qu’elle n’est pas due à une spirale prix salaires, mais à des problèmes d’offre (variant Delta qui gêne la production, pénuries de composants, manque de personnel, prix de l’énergie). Ces freins devraient se résorber au 2ème semestre 2022.

Source : Le Monde Vendredi 5-11-2021

Austérité : débat en Allemagne

Les marques de dissidence se multiplient contre les canons de la politique économique des années 2010.Les entreprises familiales et la gestion prudente du capital ne sont plus de mise. Ce qui est à la mode, ce sont les start-up à croissance rapide financées par du capital risque.

Du côté des finances publiques le « zéro noir » , strict équilibre du budget, considéré comme le canon de la bonne politique économique, est remplacé par les appels au renforcement des investissements dans l’éducation, les infrastructures et la décarbonation de l’économie. On n’hésite pas à demander une réforme des règles budgétaires, et même une intégration des économies européennes face à la concurrence mondiale.

Ce droit d’inventaire est porté par les générations nées entre 1970 et 1990, qui ont souvent fait leurs études aux USA et qui s’accordent pour affirmer que la croissance exceptionnelle des années 2010 touche à sa fin. Les défis futurs (vieillissement, numérisation, concurrence accrue, libre-échange menacé, et crise climatique) appellent des réponses plus ambitieuses et des investissements plus importants que ceux de la décennie précédente.

Des retards d’investissement sont pointés dans de nombreux domaines :

– Qualité des infrastructures routières (17e place mondiale)

– Administration numérique (21ème place)

– Réduction de 65% des émissions carbone d’ici 2030 : besoins estimés à 460 milliards.

Source : C. Boutelet « Allemagne : l’austérité en débat », Le Monde 21/09/2021