Les marchés se calment après le sauvetage du Crédit Suisse

Le retour au calme est sans doute provisoire. Car le Crédit Suisse repris par UBS est maintenant à l’abri, mais les conditions de sa reprise ont jeté le trouble chez les investisseurs. En effet les porteurs d’obligations de la banque convertibles en action ont été sacrifiés et subiront 16 milliards d’euros de pertes, contrairement aux actionnaires.

Les autorités bancaires de l’UE ont de leur côté précisé que dans l’UE ce type d’obligations reste privilégié par rapport aux fonds propres ordinaires (donc aux actionnaires).

On attendait Jeudi la position hebdomadaire de la FED, qui devrait nous renseigner sur la situation des 3 faillites bancaires des dernières semaines et sur les banques régionales à la solidité douteuse. La plus menacée est First Republic, qui continue de décrocher malgré le renflouement par 11 grandes banques.

La FED étant en phase de resserrement monétaire, on se demandait si elle ferait une pause pour détendre les marchés ou si elle privilégierait la lutte contre l’inflation. En fait elle a coupé la poire en deux et opté pour une hausse limitée (0,25%)

Pour l’UE C. Lagarde a déclaré au Parlement Européen que la situation des banques européennes est solide et que de toute manière, la BCE était équipée pour fournir un soutien de liquidité si nécessaire.

Source : E. Albert & M. Angrand « Accalmie boursière pour les banques, la FED doit reprendre la main. » Le Monde 21 Mars 2023

 

La BCE se dirige-t-elle vers une régulation permanente des taux longs ?

Jusqu’à maintenant la BCE s’abstenait d’intervenir sur les taux longs lorsque le taux à court terme était positif et qu’elle pouvait donc conduire sa politique monétaire par fixation de ce taux.

Il y a eu une longue période, de 2011 à aujourd’hui, pendant laquelle les taux courts sont restés négatifs, et la BCE a conduit plusieurs « programmes » qui consistait à réguler les taux longs en achetant et vendant les titres souverains des pays dont les taux longs étaient s’écartaient trop à son goût de la moyenne européenne et notamment des taux allemands. Cette situation a empêché tout écart important entre les taux longs des pays européens. Ces écarts, appelés « spreads », ont causé la crise monétaire de 2011 et ont fait que la BCE a décidé à l’époque d’innover ».

Nous sommes sortis de cette période. La BCE a cessé d’acheter des titres souverains et les « spreads » sont revenus. Ils n’atteignent pour l’instant et pour l’Italie que 2,4%, mais on agite déjà le spectre d’une crise monétaire dans la zone euro !

C’est pourquoi la BCE a fait savoir lors de son conseil du 21 juillet qu’elle instituait un nouvel instrument, appelé IPT (pour Instrument de Protection de la Transmission), qui lui permettrait si un pays était attaqué par la spéculation sur les taux, d’intervenir sur les marchés.

Attendons donc qu’un pays soit attaqué et voyons comment la BCE agit. Nous souhaitons que sa réaction soit rapide et franche, témoignant qu’une régulation des taux longs existe en Europe comme elle existe institutionnellement aux USA.

Source : M.Charrel : « La BCE dévoile un nouveau bouclier anti-crise » Le Monde 23/07/2022

Sommes-nous en « stagflation » ?

L’inflation est de retour. Eurostat a publié le 31 Mai l’inflation moyenne sur un an, elle est de 8,1% sur la zone euro. Du jamais vu dans la vie de la monnaie unique.

De son côté la croissance a fortement baissé. Pour la zone euro, elle a été de 0,3% au premier trimestre (mais -0,2% pour la France).

Les consommateurs, étranglés par la hausse des prix, ont moins consommé. Les entreprises ont mieux résisté. Dans ce contexte, les économistes sont divisés : Allianz et UBS continuent de prévoir une faible croissance au deuxième trimestre. C. Lagarde a même indiqué : « La stagflation n’est pas notre scénario de base ».

La BCE va donc augmenter prudemment les taux, pour légèrement freiner le crédit mais ne pas pénaliser la croissance. Le taux de référence est actuellement de -0,5%. Une hausse interviendra le 21 Juillet. Les faucons voudraient revenir à zéro dès cette date, mais on aura plus probablement deux hausses de 0,25% en Juillet et Septembre.

Source : E. Albert « La zone euro au bord de la stagflation » Le Monde 2 Juin 2022

Fin des taux très bas

La BCE a accéléré la cadence en raison de l’aggravation et de l’accélération de l’inflation.

Il paraît actuellement quasiment certain qu’il y aura une hausse des taux par la BCE le 21 Juillet, première réunion du Conseil des Gouverneurs au 3ème trimestre.

C’est un profond changement : La dernière hausse des taux de dépôt remonte à 2011, et, depuis 2014 ce taux était négatif.

Un point qui a alerté les membres du Conseil est que les salaires donnent les premiers signes d’augmentation, notamment en Espagne.

Source : E. Albert « la BCE prépare une hausse des taux dès Juillet », Le Monde 15/05/2022

L’Etat Russe est au bord du défaut de paiement

Depuis Mardi Soir 1er Mars les coupons des obligations libellées en roubles et détenues par des étrangers ne seront plus payés, pendant une période non définie.

Par ailleurs, le rouble continue sa chute Le 2 Février l’euro valait 86 roubles, aujourd’hui il en vaut 120. Et il y a un début de panique bancaire. Depuis 4 jours, d’après Allianz, environ 12% des dépôts bancaires ont été retirés.

Le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour empêcher les devises étrangères de fuir le pays. Les revenus des entreprises en devises doivent être converties en rouble à 80%. L’épargne des étrangers est bloquée, et il est interdit d’envoyer de l’argent à l’étranger.

Selon les estimations la Russie disposait d’environ 630 milliards de dollars de réserves (or ou devises). Mais les sanctions entrainent qu’environ 40 à 60% du total seraient devenues inaccessibles.

On souligne toutefois que tant que la Russie conservera une balance excédentaire (grâce au gaz et au pétrole), le défaut ne sera pas imminent. Et le risque de propagation s’est amoindri car depuis les premières sanctions en 2014,nombre d’investisseurs on réduits leurs avoirs en emprunts d’Etat russe et en rouble. On estime leur volume aujourd’hui à 20 milliards de dollars en dette de l’Etat russe et 30 milliards en autres dettes en rouble.

Source : Le Monde du Vendredi 4 Mars

C. Lagarde n’exclut pas une hausse des taux en 2022

En Décembre 2021 la BCE avait assuré qu’une hausse de taux en 2022 serait « très improbable » Mais ce Jeudi 3 Février 2022 la présidente a refusé à 2 reprises de confirmer cette prévision. Elle a indiqué qu’en Décembre cette annonce était conditionnée à l’évolution de l’inflation.

Les marchés ont sur réagi, les analystes prévoyant jusqu’à 4 hausses des taux dans l’année, et les taux longs se sont tendus. Pourtant, C. Lagarde a aussi rappelé qu’il y avait un « séquençage » des opérations ». Il faut d’abord ralentir puis arrêter les achats de dettes, ce qui prendra plusieurs mois, puis éventuellement annoncer une hausse des taux très progressive. Une première hausse est donc encore lointaine.

Source : E. Lamber « BCE : C. Lagarde n’exclut pas une hausse des taux dès 2022 », Le Monde Samedi 5 Février 2022

Création massive d’emploi en 2021

La France a créé 650.000 emplois en 2021. C’est un record depuis 20 ans. Toutefois on peut rappeler qu’en 2020 la crise sanitaire a causé la destruction de 315.000 emplois. Il n’empêche, la croissance de 7% en 2021 est une bonne nouvelle.

L’amélioration du marché de l’emploi touche tous les secteurs sauf malheureusement l’industrie.

Un autre bémol : le chômage partiel a causé un « suremploi » qui ne s’est pas résorbé complètement après la fin du dispositif. Donc la productivité a baissé. Pourquoi ? A part le chômage partiel on peut noter que le nombre de faillites a fortement baissé. Du niveau annuel habituel d’environ 50.000, ce nombre a été de 35.000 en 2020 et 28.000 en 2021. Il est donc possible que subsiste un nombre important d’entreprises « zombies » peu productives. Enfin les carnets de commande sont pleins et les entreprises répugnent à licencier. En 2022 les prévisionnistes espèrent une croissance de 3,6% ce qui est encore très bon, mais en raison du suremploi, il y a encore des ajustements à faire. Le taux de chômage à l’arrivée est donc difficilement prévisible.

Source : Béatrice Madeline « Le marché de l’emploi tourne à plein régime » Le Monde Samedi 5 Février 2022

L’emploi industriel en hausse ?

C’était devenu un lieu commun depuis les années 1990 d’observer la chute des emplois industriels en France. Il semble que la tendance se soit renversée depuis 2017.

Le graphique ci-dessous montre que malgré le trou de 2020-2021 dû à la crise sanitaire la tendance semble être à la remontée. A confirmer .bien sûr

Source : Chiffres INSEE

Fin des « quantitative easings » ?

Face à l’inflation renaissante, les différentes banques centrales réagissent en ordre dispersé.

La FED a indiqué qu’elle mettrait fin à ses achats d’actifs en Mars 2022. Par ailleurs elle a annoncé des hausses de taux d’un quart de point plusieurs fois en 2022. Les marchés anticipent une première hausse en Juin 2022.

La Banque d’Angleterre passe directement à la hausse des taux (hausse de 0,1% à 0,25% le 16 Décembre).

La BCE sera plus graduelle. Elle maintiendra ses soutiens par achats de titres pendant tout 2022, et une hausse des taux en 2022 est « très improbable » . Cependant le rythme des achats d’actifs, qui est actuellement de 80 à 100 milliards par mois sera réduit au premier trimestre 2022 à environ 70 milliards par mois, puis à 40 milliards au 2ème trimestre, 30 au 3ème, et 20 au 4ème. Sauf si aggravation de la situation…

Source : Le Monde 18/12/2021

Pouvoir d’achat en baisse en 2022

L’inflation va rogner le pouvoir d’achat des ménages de 0,5% au premier semestre 2022, d’après l’INSEE. Ceci est dû en partie au fait que l’indemnité « inflation » qui a été versée récemment, est comptabilisée en 2021. Du coup les revenus de 2022 apparaitront plus faibles.

Mais peut-être les négociations salariales en cours amèneront-elles un supplément pour le pouvoir d’achat.

En tout cas, à l’approche des élections, le gouvernement surveille ce paramètre comme le lait sur le feu.

Source : B. Madeline « Le pouvoir d’achat victime de l’inflation » Le Monde 16/12/2021