Editorial: Présentation du Manifeste 2006 de Chômage et Monnaie

Le manifeste 2006 est la suite de notre précédent manifeste paru en 2003. Dans ce nouveau manifeste, nous poussons l’idée qu’il est nécessaire et possible que les Etats Européens et l’Union Européenne retrouvent des marges de manœuvre pour financer leurs investissements. Pour que ce financement ne pèse pas sur des endettements généralement considérés comme excessifs il faut inventer un mécanisme nouveau. La BCE doit pouvoir disposer du pouvoir de créer directement de la monnaie, en faveur des Etats, de l’Union ou via des agences à mission spécifique.

Nous répondons dans le manifeste 2006 à l’objection principale qui pourrait nous être opposée : comment s’assurer que cette action ne profite essentiellement aux pays concurrents dont les exportations vers l’UE pourraient être accrues ? Nous proposons deux mécanismes régulateurs en complément : la taxe modulable sur les transactions de change et la restauration de la préférence commerciale communautaire, qui était prévue dans le traité de Rome.

A ceux qui nous trouveraient audacieux, je répondrai que le régime de régulation international, que ce soit au plan commercial monétaire ou financier actuel est de plus en plus critiqué et qu’on entend de plus en plus des appels à un nouveau Bretton-Woods. Joseph Stiglitz vient de sortir un livre(1) entièrement consacré à des propositions visant à  » faire marcher  » la mondialisation. Dans son chapitre monétaire, il propose une réforme majeure : la création d’une unité de compte internationale. Nous étudions cette proposition dans un de nos dossiers parus en 2002 (Solidarité internationale et système financier). Elle est en effet l’une des voies de solution, qu’évoque également François Rachline(2). Celle que nous proposons dans le manifeste nous semble plus réaliste aujourd’hui et à la portée des européens, en quête d’un nouveau souffle.

 

S’il est audacieux de proposer des innovations, il est illusoire et naïf de penser que le système actuel va tenir très longtemps. L’Europe s’enfonce dans la morosité, l’absence de projet. Les nationalismes et les extrémismes montent en puissance. Sans initiative forte, le pire est à craindre.

 

 

 

 


 

(1) Un autre monde, Fayard, 2006

(2) Dans son dernier livre ,  » D’où vient l’argent ?  » Panama (2006)