E. Macron peut-il réussir sa politique ?

 

E. Macron a été élu sur un programme implicite ou explicite de réforme du marché du travail et des retraites, de respect des équilibres de Maastricht (avec réduction des effectifs de fonctionnaires) et de relance de l’Europe lui permettant d’obtenir certains retours bénéfiques. Tout ceci visant à développer l’économie suffisamment pour diminuer enfin le chômage et augmenter les revenus des français. Son programme prévoit une croissance de 1,6% par an de 2018 à 2020, puis 1,7 en 2021 et 1,8 en 2022.

On ne peut que souhaiter au président de réussir son pari, mais quelles sont les raisons objectives de croire à cette réussite ?

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Editorial : BCE et austérité dans l’affaire grecque

 

 

Alexis Tsipras ne cesse de le dire sur tous les tons : il ne peut pas accepter une continuation de la mécanique précédente, celle qui, coordonnée par la fameuse troïka, accorde une aide de l’Union Européenne en contrepartie des « efforts » de la population grecque, efforts qu’il faudrait plutôt appeler déflation des revenus et appauvrissement de la population. En agissant ainsi, le chef du gouvernement espère conjurer le pire, à savoir que les autorités européennes acculent les grecs à un choix impossible : la banqueroute ou la continuation du plan d’austérité. Il plaide pour une aide intérimaire donnant le temps de trouver ensemble avec ses partenaires européens une autre issue.

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L’économie de l’offre (suite)

 

Editorial : La politique de l’offre (suite).

Gabriel Galand (Septembre 2014)

 

L’exécutif français en remet une couche sur sa politique favorable aux entreprises. En effet Manuel Valls vient de former un gouvernement dont il s’est expressément assuré que tous ses membres approuveraient sans réserve la politique de soutien aux entreprises et de réduction des dépenses publiques. On croit comprendre que le Président approuve cette orientation (Lire la suite…)

Les 50 milliards de M.Valls ou le retour de l’économie de la ménagère.

 

Les partisans du plan d’économie, annoncé par M. Valls sous l’impulsion de F. Hollande, prennent comme acquis qu’un tel plan est absolument nécessaire, et le justifient par des  » évidences  » qui sont pour la plupart des comparaisons avec la comptabilité des ménages et des entreprises ou une complainte pour les générations futures. Un bon échantillon des arguments avancés est donné dans le journal Le Monde du 18 Avril. Nathalie Nougayrède, directrice du journal, se fend d’un éditorial au vitriol :  » Halte aux jeux de rôle débilitants  » qui présente donc les opposants comme des débiles mentaux. Quels sont donc ces arguments irréfutables ? Extrait :  » Tout le monde sait que la France vit au-dessus de ses moyens depuis quarante ans: depuis 1974, aucun budget n’a été voté ne serait-ce qu’à l’équilibre. Tout le monde sait que ces déficits annuels ont fini par accumuler une dette publique qui approche désormais les 2000 milliards d’euros, et que les intérêts de cette dette nous coutent, chaque année, quelque 45 milliards d’euros. Personne n’ignore que, dans une situation comparable, n’importe quel ménage ou entreprise aurait, depuis longtemps, mis la clef sous la porte. « 

Les économistes ne sont pas tous  » débiles « , et la plupart savent qu’il s’agit là d’ "Economie de la Ménagère", ainsi nommée par dérision parce ces théories ignorent qu’un Etat ne peut tout simplement pas être comparé à un ménage ni même à une entreprise. Le débat est un peu compliqué par l’existence de l’euro, mais si pour commencer nous considérons un état souverain, qui émet sa propre monnaie (par exemple les Etats-Unis), il ne peut jamais faire faillite, car il ne peut par définition manquer de sa propre monnaie. Certes son économie doit être suffisamment forte pour que le pays ne soit pas surclassé, et peut-être un jour dominé par d’autres pays, mais en tout cas il n’est nul besoin qu’un tel pays recherche l’équilibre de ses comptes publics. Qui plus est un tel équilibre est le plus souvent nuisible, car pour générer les nouveaux moyens de paiement nécessaires à la croissance des volumes et des prix, il faut que les groupes sociaux dans leur ensemble génèrent ces moyens de paiement par leur endettement, ou que le commerce extérieur excédentaire y pourvoie en finançant l’économie par des devises étrangères. Les ménages, sauf s’ils s’endettent exagérément, ce qui est à éviter comme nous l’avons constaté lors de la crise dite  » des subprimes « , sont plutôt épargnants. Dans un pays qui aurait un commerce extérieur à l’équilibre ou en déficit, l’Etat ou les entreprises ou les deux doivent donc s’endetter suffisamment pour impulser une croissance non nulle. Et de fait les Etats-Unis ont depuis la dernière guerre mondiale été toujours en déficit sauf pour de brèves périodes. Il en est de même pour d’autres grands pays (Japon, Grande-Bretagne, …). Le Japon et les USA ont ainsi accumulé des endettements plus élevés que les nôtres sans graves inconvénients pour eux.

Bref, un Etat a une fonction passive ou active de régulation de l’économie du pays, fonction que n’a évidemment pas un ménage, et, à cause de cette fonction, il dispose de moyens (impôts, emprunts, banque centrale) dont ne dispose pas le ménage ou l’entreprise. Par conséquent un discours tel que celui de Nathalie Nougayrède non seulement n’énonce pas d’évidences comme elle voudrait le faire croire, mais est fondamentalement erroné.

Le mythe du fardeau des générations futures est de même nature. Nos enfants ne rembourseront pas la dette publique plus que nous ne la remboursons, car cette dette augmente sans cesse comme le reste de l’économie, en fait elle n’est jamais remboursée. On pourrait aussi argumenter que nous transmettons sans doute un passif, mais aussi un actif, dans lequel il faudrait inclure non seulement les actifs matériels mais aussi immatériels (connaissances, éducation). Bref ici aussi le raisonnement est douteux.

Pourquoi l’analogie entre les gouvernements et les ménages a-t-elle la peau aussi dure ? Il peut y avoir 3 raisons, comme le rappelle R.Wright lors d’un interview .

– certains économistes de la vieille école ont été formés avec le système de l’étalon or ou du  » gold exchange standard « . Dans ce système, on peut admettre qu’il y a une contrainte financière et qu’un gouvernement pouvait manquer d’or ou de dollars. Mais depuis 1971 il n’y a plus de tel système.

– les gens qui n’ont pas de formation économique sont tout simplement trompés parce qu’ils ne voient pas la différence entre un gouvernement et un ménage. Les politiques utilisent cette analogie parce qu’elle marche, les gens la comprennent intuitivement très facilement bien qu’elle soit complètement fausse.

– il y a aussi des gens qui utilisent l’analogie tout en sachant qu’elle est fausse, mais pour pousser le peuple à faire ce qu’il ne voudrait pas faire autrement, par exemple faire des coupes dans les dépenses sociales. Cette raison a pris de l’importance dans les dernières années à cause de la volonté politique de réduction des déficits.

Ayant ainsi fait justice de ces tromperies dans un pays monétairement souverain, parlons maintenant des pays de la zone Euro. A juste titre on peut objecter qu’un tel pays n’est pas monétairement souverain, puisqu’il a délégué sa fonction d’émission monétaire à la BCE. Ceci dit, les emprunts au marché restent nationaux et donc techniquement un gouvernement national peut s’endetter sans limite, en estimant ainsi remplir sa fonction de régulation de l’économie.

C’est là qu’interviennent les marchés financiers, les investisseurs et spéculateurs, les agences de notation, etc. Ce système financier contraint les gouvernements à conserver une gestion  » présentable « , sous peine de ne plus pouvoir emprunter, et cette fois-ci faire faillite car ils ne peuvent plus faire appel à leur banque centrale, sauf si les partenaires de la zone décident de renflouer tout pays en difficulté. C’est ce qui s’est passé pour les pays du sud (Grèce, etc.). La contrainte des marchés est renforcée par des règlements communautaires qui visent à éviter de se trouver devoir renflouer un pays voisin.

Tout cet échafaudage de contraintes existe, on ne peut le nier, mais il ne faut pas se tromper de raisonnement. Ce n’est pas pour une saine gestion  » ménagère « , ni pour les générations futures, qu’il faut se serrer la ceinture. C’est parce que nous avons accepté la contrainte des marchés et celle de l’euro.

Tournons-nous maintenant vers l’économie pour savoir si malgré tout ce plan d’économie a un sens. Car la dette a un coût. Peut-être serait-il rentable de se restreindre pour diminuer le coût de cette dette à l’avenir ? De ce côté la théorie économique semblerait plutôt indiquer que non. Les expériences passées de récession et de déficits publics semblent plutôt indiquer qu’il ne faut pas diminuer le déficit public en phase de récession ou de stagnation. En effet, la résorption du déficit ne peut en dernier ressort venir que du redécollage de l’économie. A vouloir le résorber trop tôt non seulement on empêche l’économie de repartir, mais on ne réduit jamais le déficit autant qu’on l’aurait cru au départ, car la récession ou la stagnation réduisent les rentrées fiscales. Il faut donc accepter d’augmenter le déficit jusqu’à ce que l’économie soit vraiment ressortie de la récession.

Les Etats-Unis ont maintenu leurs déficits plus longtemps que les pays de la zone euro et sont donc sortis de récession plus tôt. Certes ce n’est pas le seul facteur qui a joué mais il a certainement joué.

Un autre argument du gouvernement est que ce plan d’économies va financer des baisses de charges pour les entreprises, par conséquent celles-ci pourront créer des emplois. Mais là où le bât blesse, c’est que si ce choc  » d’offre  » est annulé par un choc symétrique de demande (baisse des revenus), les entreprises n’auront pas les débouchés supplémentaires pour justifier les embauches espérées. Il y a fort à parier que les marges dégagées par les baisses de charges iront en priorité aux actionnaires ou à des investissements dans d’autres pays.

En conclusion ce plan d’économies a tout pour déplaire. Que faudrait-il faire ? Malheureusement rien ne peut se faire de sérieux en France dans les contraintes des traités européens et le corset des marchés mondialisés. F. Hollande a accepté les contraintes sans obtenir de contreparties sérieuses. L’urgence impose de passer à une autre vitesse et de reconquérir rapidement des marges de manœuvre.

Des marges de manœuvre financières : la gradation, c’est

– l’agence de financement publique, du style de la BPI (Banque Publique d’Investissement) mais avec statut bancaire et refinancement par la banque centrale. Cette action a été préconisée dans un
plan de relance par la FNH
(Fondation Nicolas Hulot).

– réquisition de la banque centrale (voir notre éditorial "Etat d’urgence ").

– sortie de l’euro.

Des marges de manœuvre commerciales : rétablir en droit nos barrières douanières et engager des négociations tous azimuts pour équilibrer nos échanges.

Des marges de manœuvre politiques : chercher des alliés dans les pays européens pour une autre organisation de l’euro et de l’Europe, par exemple la mise en place d’une monnaie commune (voir notre Fiche sur le sujet ).

Dans ces propositions on voit combien on est loin du braquet actuel du gouvernement, qui semble pédaler dans le vide. Pas étonnant que les français votent de moins en moins.

 

Editorial : Le socialisme de l’offre

Le président Hollande persiste et signe. Dans son discours du 31 Décembre lors de ses vœux pour la nouvelle année, il annonçait une évolution de sa doctrine économique que le journal « Le Monde » résumait par son titre « Mr Hollande défenseur d’un socialisme de l’offre ». Le 14 Janvier il a été encore plus clair. Défendant son « pacte de responsabilité » il a lancé comme pour se justifier « l’offre crée la demande ». (Lire la suite…)

Faîtes votre plan vous-même

 

Notre dernier éditorial s’intitulait « Etat d’urgence ». C’était en Avril dernier. Aujourd’hui la situation ne s’est pas améliorée. Le signal le plus connu, la statistique du chômage, continue de voler de records en records. Le gouvernement essaie de tenir sa promesse d’inverser la pente à coups d’emplois aidés. En Octobre le nombre de chômeurs de catégorie A a légèrement baissé, mais ceux de catégorie B et C (travailleurs pauvres) a augmenté, de sorte que le total augmente encore de 40.000 demandeurs d’emploi. (Lire la suite…)

Editorial: Etat d’urgence

 

La situation est grave. Le chômage explose, quels que soient les chiffres qu’on prend pour le mesurer. La catégorie la plus restrictive, la catégorie A (sans aucun emploi), a passé depuis plusieurs mois le cap des 3 millions de chômeurs métropolitains. Il suffit d’ajouter les DOM/TOM et les chômeurs à temps partiel ou en formation pour dépasser les 5 millions. Alternativement on peut aussi ajouter tous ceux qui, en fin de droits ou découragés avant, sont sortis du marché du travail. 5 millions, cela fait environ 17% de la population active. Chez les jeunes ce taux dépasse 30%(1). Et les prévisions sur ce front restent sombres. L’OCDE prévoit une continuation de la hausse au moins jusqu’à la fin de l’année. (Lire la suite…)

Editorial : Le sauvetage de la Grèce ou la politique de Gribouille

Dans les affrontements publics ou privés sur l’opportunité des plans d’aide à la Grèce, ceux qui l’approuvent affirment immanquablement pour justifier leur position qu’on ne peut pas laisser tomber la Grèce, un membre éminent de l’UE par son histoire, le berceau de la civilisation européenne, etc. … Il ne semble pas leur venir à l’idée qu’il y aurait peut-être une ou plusieurs autres manières pour la Grèce de s’en sortir et pour les autres de l’aider dans cette entreprise (Lire la suite…)

Editorial: et si l’euro sombrait …

Avertissement : A notre connaissance personne n’a essayé jusqu’à maintenant d’imaginer comment passer de l’euro monnaie unique à l’euro monnaie commune dans un contexte conflictuel. Ce papier a donc pour objectif de lancer la réflexion sur ce sujet tabou et difficile. Bien entendu les éventuelles erreurs sont de la responsabilité entière de l’auteur.

 

Pourquoi l’euro peut sombrer

Chacun peut observer que la probabilité d’un naufrage de l’euro grandit. (Lire la suite…)

Editorial : La guerre des monnaies aura lieu

 

Lors de sa réunion des 2 et 3 Novembre, la FED a confirmé son opération QE2. De quoi s’agit-il ? (Lire la suite…)