L’emploi industriel en hausse ?

C’était devenu un lieu commun depuis les années 1990 d’observer la chute des emplois industriels en France. Il semble que la tendance se soit renversée depuis 2017.

Le graphique ci-dessous montre que malgré le trou de 2020-2021 dû à la crise sanitaire la tendance semble être à la remontée. A confirmer .bien sûr

Source : Chiffres INSEE

Fin des « quantitative easings » ?

Face à l’inflation renaissante, les différentes banques centrales réagissent en ordre dispersé.

La FED a indiqué qu’elle mettrait fin à ses achats d’actifs en Mars 2022. Par ailleurs elle a annoncé des hausses de taux d’un quart de point plusieurs fois en 2022. Les marchés anticipent une première hausse en Juin 2022.

La Banque d’Angleterre passe directement à la hausse des taux (hausse de 0,1% à 0,25% le 16 Décembre).

La BCE sera plus graduelle. Elle maintiendra ses soutiens par achats de titres pendant tout 2022, et une hausse des taux en 2022 est « très improbable » . Cependant le rythme des achats d’actifs, qui est actuellement de 80 à 100 milliards par mois sera réduit au premier trimestre 2022 à environ 70 milliards par mois, puis à 40 milliards au 2ème trimestre, 30 au 3ème, et 20 au 4ème. Sauf si aggravation de la situation…

Source : Le Monde 18/12/2021

Pouvoir d’achat en baisse en 2022

L’inflation va rogner le pouvoir d’achat des ménages de 0,5% au premier semestre 2022, d’après l’INSEE. Ceci est dû en partie au fait que l’indemnité « inflation » qui a été versée récemment, est comptabilisée en 2021. Du coup les revenus de 2022 apparaitront plus faibles.

Mais peut-être les négociations salariales en cours amèneront-elles un supplément pour le pouvoir d’achat.

En tout cas, à l’approche des élections, le gouvernement surveille ce paramètre comme le lait sur le feu.

Source : B. Madeline « Le pouvoir d’achat victime de l’inflation » Le Monde 16/12/2021

La FED va réduire ses achats de titres.

Le QE en cours aux Etats-Unis va se réduire. Le rythme actuel est de 120 milliards de dollars par mois La prévision faite est de réduire à 105 milliards en Novembre et 90 milliards en Décembre, avec un objectif de réduction à zéro en Juin 2022.

La FED ne prévoit pas de relever les taux car le marché de l’emploi n’est pas au maximum. L’inflation est là mais on estime qu’elle n’est pas due à une spirale prix salaires, mais à des problèmes d’offre (variant Delta qui gêne la production, pénuries de composants, manque de personnel, prix de l’énergie). Ces freins devraient se résorber au 2ème semestre 2022.

Source : Le Monde Vendredi 5-11-2021

Austérité : débat en Allemagne

Les marques de dissidence se multiplient contre les canons de la politique économique des années 2010.Les entreprises familiales et la gestion prudente du capital ne sont plus de mise. Ce qui est à la mode, ce sont les start-up à croissance rapide financées par du capital risque.

Du côté des finances publiques le « zéro noir » , strict équilibre du budget, considéré comme le canon de la bonne politique économique, est remplacé par les appels au renforcement des investissements dans l’éducation, les infrastructures et la décarbonation de l’économie. On n’hésite pas à demander une réforme des règles budgétaires, et même une intégration des économies européennes face à la concurrence mondiale.

Ce droit d’inventaire est porté par les générations nées entre 1970 et 1990, qui ont souvent fait leurs études aux USA et qui s’accordent pour affirmer que la croissance exceptionnelle des années 2010 touche à sa fin. Les défis futurs (vieillissement, numérisation, concurrence accrue, libre-échange menacé, et crise climatique) appellent des réponses plus ambitieuses et des investissements plus importants que ceux de la décennie précédente.

Des retards d’investissement sont pointés dans de nombreux domaines :

– Qualité des infrastructures routières (17e place mondiale)

– Administration numérique (21ème place)

– Réduction de 65% des émissions carbone d’ici 2030 : besoins estimés à 460 milliards.

Source : C. Boutelet « Allemagne : l’austérité en débat », Le Monde 21/09/2021

Les banques européennes optimisent encore leur fiscalité

L’accord mondial sur une fiscalité minimale de 15% n’entrera en vigueur qu’en 2023. En attendant, l’optimisation fiscale va bon train dans les banques européennes. Une étude de l’Observatoire Européen de la Fiscalité montre que 25% des profits de ces banques sont localisés dans des pays où le taux effectif d’imposition est inférieure à 15%. 14% de ces profits sont dans des « paradis fiscaux » pratiquant des taux d’impositions très faibles.

Les banques françaises sont un peu plus sages le pourcentage de profits « délocalisés » étant de 7% pour BNP, 14% pour la Société Générale et 12% au Crédit Agricole.

L’étude montre aussi qu’il subsiste des « trous dans la raquette », par exemple les banques gardent une certaine latitude pour la localisation de leurs profits. Par exemple la Société générale localise 13% de ses profits en France, taxés à 26% et 11% en République Tchèque, taxés à 17%, alors que ses effectifs dans ce dernier pays sont 7 fois inférieurs aux effectifs français.

Source : V. Chocron « Les banques dopées aux paradis fiscaux », Le Monde, 7 Septembre 2021

Chômage partiel : fraude record

A la mi-juin, plus de 7000 demandes frauduleuses ont été référencées pour un total de 113 millions d’euros. Ceci prend en compte les cas où l’identité d’une entreprise a été usurpée et qui présentaient des demandes exagérées. Par exemple une demande concernant 13 salariés a été déposée au nom d’une menuiserie qui n’employait qu’un seul salarié.

Heureusement les services de l’Etat ont été vigilants et seulement 63 millions ont été versés. Mais sur ces 63 millions frauduleux, seulement 13 millions ont été récupérés. Le reste s’est évaporé.

S’ajoutent évidemment à ces demandes complètement frauduleuses toutes celles des entreprises qui ont simplement exagéré. On ne connaît pas pour l’instant le montant de cette fraude « ordinaire ».

Source : Simon Piel « Chômage partiel : les chiffres de la fraude », Le Monde 5 Août 2021

Accord mondial sur la taxation des entreprises

L’accord du 30 Juin sur une taxation minimum à 15% des entreprises multinationales constitue un progrès remarquable. Les paradis fiscaux ne pourront plus comme aujourd’hui offrir ouvertement un taux zéro (Iles Caïmans, Iles Vierges Britanniques, Jersey etc…). Pour l’instant, cette décision ne s’applique qu’aux entreprises faisant plus de 20 milliards de chiffre d’affaire, mais dans 7 ans le seuil descendra à 10 milliards . En attendant la suite car cet accord est appelé à s’étendre.

En effet, il est encore très imparfait et les multinationales sauront compenser cette avancée. Par exemple si on ne peut pas baisser le taux, on peut par contre baisser l’assiette de l’impôt. A la limite, si vous dispensez quelqu’un de payer un impôt, le taux n’a plus d’importance.

Il faudra aussi boucher des trous. Par exemple le Luxembourg a bien mis fin aux « rulings », ces accords fiscaux secrets qui ont fait scandale en 2014 lors des « Luxleaks ». Mais il les a remplacés par des accords « tacites » non écrits. L’entreprise écrit à l’administration ce qu’elle pense devoir être sa taxation, et la non réponse de l’administration vaut accord. C’est invisible par la réglementation européenne, qui impose de transmettre aux autre pays les accords passés.

Source : J.Buissou et A.Michel « 130 pays approuvent l’impôt mondial » et J.Baruch et al. « Au Luxembourg, la transparence fiscale toujours contournée », Le Monde 3/07/2021

Sortir du « quoi qu’il en coûte » ?

Pour l’instant le gouvernement surfe sur l’atmosphère de sortie de 15 mois d’hiver sanitaire. Il y a un véritable climat de libération sur les terrasses de café et dans les magasins.

Mais le gouvernement doit aussi se poser la question de la sortie du régime d’aides en vigueur pendant le confinement. Or l’équation n’est pas simple car il faut éviter que la cessation des aides ne se télescope avec l’élection présidentielle.

S’il y a un rebond vigoureux dès cet été, les choses seront relativement faciles. Mais rien n’est moins sûr, car il y a de nombreuses inconnues. Sans parler des aléas sanitaires encore possibles, de nombreuses entreprises ont été maintenues à flot mais n’ont pas de quoi rattraper les investissements non faits, embaucher, et reconstituer les stocks. De plus il faut pour beaucoup commencer à rembourser les prêts garantis par l’Etat.

Il est donc probable que toutes les aides ne pourront pas avoir été « débranchées » à la rentrée. Mais plus les aides sont prolongées et plus l’élection présidentielle approche. Avec le risque d’une campagne polluée par une flambée sociale ou par la fermeture d’un site industriel.

Aussi certains plaident pour que le « quoi qu’il en coûte » soit maintenu jusqu’en 2022 sous une forme ou une autre.

Source : E. Conesa et A. Tonnelier « La sortie épineuse du « quoi qu’il en coûte » » Le Monde 26/05/2021

La compétitivité de la France se dégrade

La part des produits français dans les ventes de produits en Europe est passée de 18% en 2000 à 13,5% en 2020. Par rapport à 2019 cette part a encore reculé de 1%. Le recul est dans tous les secteurs. Depuis 2012 les principales actions des différents gouvernements dans ce sens ont porté sur le coût du travail (CICE) et l’impôt sur les sociétés. Ceci a eu un effet certain en 2017 et 2018, mais l’effet semble s’émousser.

C’est que dans ce domaine il n’y a pas d’outil magique. Pour améliorer la compétitivité il faut jouer sur tous les tableaux, les coûts, la formation, l’attractivité du territoire, la stabilité administrative, le recherche, la politique industrielle, …

Peu de patrons se plaignent du coût du travail, mais beaucoup disent qu’ils n’arrivent pas à recruter les compétences dont ils ont besoin.

En fait pour avancer il faudrait rebâtir une politique industrielle moderne. Procéder par domaine et dans chacun coordonner les acteurs, fixer des règles du jeu, des certifications, des labels, favoriser la recherche et la production.

Source : Béatrice Madeline : « A la recherche de la compétitivité perdue » , Le Monde 11/05/2021