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Fiche N° : 1 |
Rédacteur : Gabriel Galand |
Date : 05/01/2005 |
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La monnaie, qu’est-ce que c’est ?
La monnaie est au cœur de nos activités sociales, et nous intériorisons son emploi dès notre plus jeune âge. Mais avons-nous réfléchi à ce qu’elle est vraiment, et quels services elle nous rend ?
D’abord, elle nous permet d’avoir un prix et de pouvoir faire des comptes. Il est tout de même plus commode pour un fournisseur de faire savoir qu’une automobile de telle marque et tel modèle coûte 20.000 euros, plutôt que 150 moutons, ou 2.000 heures de ménage, ou autre. Par ailleurs, si je veux additionner mes dépenses de la journée, il me faut bien une unité de compte commune à tous les achats.
Ensuite, elle permet la séparation des échanges. Un salarié par exemple vend son travail à son employeur et compte bien obtenir en échange toutes sortes de biens et de services. Avec la monnaie, il peut avoir un employeur unique, recevoir en monnaie le produit de cette « vente », et ensuite acheter, quand il le veut et auprès de qui il veut, ce qu’il désire. Il peut aussi garder une partie de la monnaie pour le mois prochain. Sans monnaie, il faudrait qu’il trouve un partenaire pour chaque bien, qui lui échange ce bien contre un peu de travail, et un travail « à l’avance » est impossible. On voit qu’une économie moderne ne peut fonctionner sans monnaie.
Pour remplir ces fonctions indispensables de la monnaie, on est passé par différentes formes, dont certaines ont survécu jusqu’à aujourd’hui.
La première forme de monnaie est matérielle. Ce sont des « jetons », qui ont une valeur intrinsèque (par exemple s’ils sont faits d’or). Je vends donc quelque chose contre une même valeur en or, et j’achète autre chose en donnant aussi la contrepartie en or. On fait toujours du troc, mais une des marchandises est devenu un intermédiaire des échanges. On appelle une telle monnaie une monnaie marchandise. Historiquement ce genre de monnaie a été principalement de la monnaie de métaux précieux (or ou argent), qui ont une forte valeur intrinsèque, et sont faciles à diviser et former en « pièces ».
Mais à partir du moment où cette monnaie est acceptée par tous, et plus encore si une autorité légale lui donne « cours forcé » (personne ne peut la refuser en paiement), rien n’oblige à ce que la valeur intrinsèque des pièces soit identique à leur valeur faciale. Elle peut être inférieure. S’il est inscrit sur la pièce « 1 euro », je peux acheter, avec cette pièce, un objet de la valeur de 1 euro, même si la valeur intrinsèque de ma pièce (qui est proche de son coût de fabrication) est inférieure. C’est tout à fait le cas aujourd’hui. Essayez de vendre au kilo de métal 100 pièces de 1 euro, vous n’en retirerez certainement pas 100 euros.
Une telle monnaie est appelée monnaie fiduciaire (du latin fiducia, la confiance).
Et une fois que la confiance est installée, le métal n’est même plus nécessaire. Le papier est beaucoup plus commode à transporter et à stocker. Ainsi sont nés les « billets de banque » ainsi nommés parce qu’à l’époque où ils sont apparus ils étaient émis par les banques et non seulement par la Banque Centrale.
Et finalement, on a encore facilité les paiements, les stockages et les transferts, en enregistrant simplement tout cela sur les livres de comptes des banques. Je possède 1000 euros parce que cela est inscrit dans les livres de ma banque, qui s’est engagée auprès de moi à les conserver et à les transférer, en tout ou en partie, sur mon ordre, à une autre personne, qui les recevra peut-être aussi sur son compte dans sa banque. Il n’y aura donc eu aucun transfert matériel, pourtant il y a bien eu échange de monnaie. On appelle cette monnaie sans support matériel monnaie scripturale, et elle est enregistrée dans les banques dans des comptes à vue.
Ces différentes sortes de monnaie subsistent aujourd’hui. Nous avons donc recensé les pièces, les billets et la monnaie scripturale.
Les pièces, aussi appelées monnaie divisionnaire, sont en grand nombre mais de faible valeur, et ne pèsent pas lourd en euros (de l’ordre de 1% de toute la monnaie en circulation). Cette monnaie divisionnaire est frappée par le Trésor Public, c’est-à-dire l’Etat.
Les billets sont imprimés par la Banque Centrale. En France, c’est la BCE (Banque Centrale Européenne) qui en est responsable. Elle confie cette tâche aux banques centrales nationales, selon un prorata grossièrement défini en fonction des poids des économies à la création de l’Euro. Ces billets pèsent en valeur, en France, environ 15% de toute la monnaie en circulation.
La monnaie scripturale est devenue avec le temps la monnaie la plus employée, puisqu’elle représente en France environ 85% de toute la monnaie en circulation.
Remarquons que ces trois formes de monnaie sont équivalentes, et que vous pouvez échanger une forme contre l’autre dans une banque sans difficulté, au moins jusqu’à un certain montant. Au-delà, l’emploi de la monnaie scripturale est obligatoire.
Terminons ces notions de base par une remarque fondamentale. Nous avons parlé plusieurs fois dans cette fiche de « confiance ». En fait ce système monétaire n’existe que parce que tous les citoyens lui font confiance. Il n’y a pas si longtemps, il était encore écrit sur les billets en Francs : « Payable à la Banque de France ». C’est-à-dire que vous pouviez vous faire rembourser le billet correspondant. En quoi ? Historiquement, en or. Mais en pratique les monnaies ne sont plus convertibles en or depuis plusieurs dizaines d’années. En fait plus personne ne pense à cette éventualité de remboursement. On fait confiance aux garanties de l’Etat, sans bien même les connaître. Et, depuis qu’on se méfie un peu de l’Etat, on fait confiance aux banques centrales. On fait aussi confiance aux banques secondaires, qui « ne peuvent pas » faire faillite en emportant vos comptes à vue dans le néant.
Cette confiance collective montre que la monnaie est un fait social majeur, et qu’il n’est pas possible de l’enfermer, comme le font certains économistes, dans un rôle purement fonctionnel sans incidence sur le fonctionnement de l’économie.
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Rédacteur : Gabriel Galand |
Date : 05/01/2005 |