Explosion de la pauvreté

Les indicateurs sociaux virent au rouge. Le gouvernement estimait le 8 Septembre que 8 millions de personnes ont besoin de l’aide alimentaire contre 5,5 millions en 2019. Les demandes de RSA (Revenu de Solidarité Active) ont augmenté d’environ 10% par rapport à la même période en 2019. Ceci se constate partout en France, et les départements sont inquiets car ils doivent prélever ces dépenses nouvelles sur d’autres budgets.

Le chômage est reparti à la hausse. La Banque de France prévoit que le chômage ordinaire (catégorie A) va dépasser 10% en 2020 et 11% en 2021.

De nombreux emplois ont disparu dans la crise sanitaire. La Dares a dénombré 65.000 ruptures de contrat de Mars à Septembre 2020 contre 19.000 durant la même période de 2019. S’y ajoutent 151.000 emplois détruits dans l’intérim en 1 an. Nombre de CDD ne sont pas renouvelés, et des embauches sont reportées. Et ce que ne détecte aucun indicateur officiel ce sont tous les petits boulots et l’économie informelle qui se sont écroulés. Il y a des étudiants qui n’ont plus de « petits boulots », des travailleurs précaires devenus sans emploi, des autoentrepreneurs et des artisans dont l’activité à sombré, des apprentis qui n’ont plus de stages. Un exemple à Lille, de jeunes mères africaines avaient trouvé en banlieue parisienne un emploi dans un atelier de confection de fleurs artificielles pendant que d’autres femmes gardaient leurs enfants. L’atelier a fermé. Celles-là ne vont pas pointer au chômage, mais elles seront de nouvelles clientes du Secours Populaire.

Globalement les statisticiens estiment qu’un million de français sont passé sous le seuil de pauvreté monétaire (1063 euros par mois et par unité de consommation) et s’ajoutent aux 9,8 millions existants, 14,8% des ménages (chiffres de 2018).

Source : I. Rey-Lefebvre « Un million de nouveaux pauvres d’ici à fin 2020 », A. Leclerc « Indépendants, retraités, jeunes … la crise déstabilise des publics jusqu’ici préservés » Le Monde 7/10/2020