Le nouveau « QE » de la BCE

Après la FED, la BCE a annoncé Jeudi 12 Mars un plan d’injection de liquidités par achat de titres de 750 milliards d’euros d’ici la fin de 2020, ce qui est du même ordre de grandeur que les montants mensuels injectés par Mario Draghi en 2016 (60 milliards d’euros par mois).

L’enjeu est une fois de plus de sauver la zone euro. L’Italie était en première ligne avec des taux d’intérêt en hausse, qui atteignaient 3% et menaçaient de s’envoler, au moment où elle va devoir emprunter pour relancer son économie sinistrée par le coronavirus !

La BCE frappe fort car il faut ajouter au montant ci-dessus les 120 milliards annoncés la semaine d’avant et les 20 milliards par mois légués par Mario Draghi et qui courent encore. La BCE a aussi indiqué ne plus tenir compte de la limite auparavant appliquée de ne pas posséder plus de 33% de la dette d’un pays.

Cette opération aura certainement un effet politique, celui de rassurer les marchés. En effet, dès l’annonce les bourses ont remonté, car les achats de titre vont fournir encore plus de liquidités aux investisseurs et les prix des titres des états vont remonter. Les taux d’intérêt vont baisser. Dès le lendemain de l’annonce, les taux italiens sont retombés à 1,5%.

Mais en ce qui concerne l’effet sur l’économie réelle, nous avons examiné ce problème il y a quelques années pour le précédent QE de la BCE et avions conclu qu’il ne pouvait avoir d’effet en lui-même si les gouvernements ne profitaient pas des taux bas pour relancer l’économie en s’endettant. Christine Lagarde est consciente du problème, qui a maintes fois exhorté l’Allemagne à être moins bloquée sur ce sujet. Peut-être la situation catastrophique dans ce pays comme dans d’autres pays européens feront enfin bouger les esprits.

Source : Eric Albert « Plan d’urgence de la BCE pour rassurer les marchés », Le Monde 20/03/2020 et Gabriel Galand « Pourquoi le QE de la BCE ne marche pas » , Site Chômage-et-Monnaie, 17/01/2016