La zone euro à la diète

La zone euro commence 2020, encore sous la contrainte budgétaire. Pourtant, la croissance faible (environ 1%) et le taux d’intérêt bas (de -0,2% pour l’Allemagne à 1,4% pour la Grèce, des taux de rêve), pousseraient à faire une relance budgétaire.

Que nenni, les 19 pays de la monnaie unique vont émettre en 2020 le plus faible montant d’obligations depuis 2008. Il y aura un très faible stimulus budgétaire (-0,2% du PIB). Cette politique fait l’unanimité des économistes contre elle.

Les 2 pays qui ont de fortes marges ont commencé à bouger timidement. L’Allemagne a annoncé un plan d’investissement ferroviaire de 86 milliards d’euros, sur 10 ans ! Pour 2020 ce sera 0,5% du PIB. Les Pays-Bas ont aussi décidé une modeste relance, 0,9% du PIB. Nous sommes loin des efforts faits ailleurs. Aux USA, le déficit tourne autour de 7%. En Grande Bretagne, Boris Johnson se prépare à présenter en mars un plan de relance qui mettra fin à une décennie d’austérité.

Mais en zone Euro rien n’indique une volonté de sortie de la neutralité budgétaire. Même le « Plan Vert » de la Commission, qui pourrait faire bouger l’Allemagne, et qui d’après cette Commission doit mobiliser plus de 1000 milliards d’euros sur 10 ans ne constitue pas un plan de relance car la plupart des dépenses sont des réorientations de crédits déjà prévus et non de l’argent frais.

Source : Le Monde Economie & Entreprise 21/01/2019

N.D.L.R. : C’est à désespérer !