Trop de finance étouffe la croissance !

Nicholas Shaxson publie un livre sur ce sujet. « The Finance Curse. How Global Finance is Making Us All Poorer.” Ce livre coïncide avec une étude universitaire récente « The UK’s Finance Curse? Costs and Processes “ par A. Baker, G.Epstein et J.Montecino, qui est parue sous forme de rapport de l’Université de Sheffield. Cet article chiffre l’ordre de grandeur du déficit de croissance induit au Royaume Uni : 4500 milliards de livres de 1995 à 2015, soit 2 ans de PIB britannique. Ceci serait dû au poids du secteur financier qui a été en moyenne de 6,5% de l’économie avec un pic de 9% en 2009 (en France 4%).

Cet impact aurait plusieurs causes :

– Le ratissage des meilleurs cerveaux : des ingénieurs qui pourraient être dans l’aérospatial modélisent des risques financiers.

– Les salaires élevés dans ce secteur : le coût de la vie s’élève à Londres et repousse les autres emplois dans les banlieues.

– le cours de la Livre monte, sapant la compétitivité des autres secteurs

– les capitaux préfèrent aller vers ce secteur plutôt que vers l’industrie

– ce secteur génère des bulles et parfois des crises financières (la crise de 2008 pèse pour 1800 milliards de livres dans l’évaluation de l’étude).

Source : Eric Albert : « La malédiction de la finance étouffe l’économie » le Monde Economie & Entreprise 6/10/2018

N.D.L.R. : On pourrait dire qu’un secteur hypertrophié est toujours mauvais. Par exemple on a parlé de la « malédiction du pétrole » dans certains pays où le secteur du pétrole développe la corruption, aspire les meilleurs talents et renchérit le coût de la vie. Mais le secteur financier a une particularité essentielle, il irrigue le reste de l’économie et est absolument nécessaire à tous les secteurs. D’où l’importance de le discipliner.