La croissance américaine en question

Le président Trump s’est félicité des chiffres de croissance de l’économie américaine ( 4,1% pour le 2ème trimestre) et en a évidemment attribué le mérite à sa politique, notamment à sa politique commerciale.

D’après Arnaud Leparmentier (analyste de Le Monde), les choses sont plus nuancées.

Un point de croissance s’explique par un boom des exportations de soja vers la Chine, les acheteurs ce pays ayant fait des achats de précaution avant qu’ils soient taxés, ces représailles étant annoncées pour le mois de Juillet.

En sens inverse les entreprises ont déstocké, diminuant la croissance de 1 point.

Ces 2 causes se neutralisant, la croissance a donc été causée par

– La consommation, qui a crû de 4%, niveau le plus élevé depuis 2014, nourrie par la baisse du chômage et la baisse des impôts,

– Des investissements soutenus des entreprises (7,3% est un très bon taux)

– La hausse des dépenses publiques de 2,1%, et parmi elles des dépenses fédérales de 3,5%, portant le déficit du 1er semestre à 2,8% du PIB, ce qui est considérable pour un pays en plein boom.

Ceci explique pourquoi la FED augmente doucement ses taux d’intérêt.

Source : Arnaud Leparmentier « Donald Trump triomphe avec une croissance trimestrielle de 4,1% » Le Monde Economie et Entreprises, 19-20 Juillet

N.D.L.R. : Puisque pour l’instant les protections commerciales n’ont pas d’effet évident, la cause première de cette expansion est le déficit budgétaire sous forme de dégrèvements d’impôts des ménages et des entreprises. Le bon taux d’investissement et la hausse de consommation en sont des conséquences. Depuis Keynes, ce n’est pas une surprise que si l’Etat injecte de l’argent dans le circuit économique, une reprise se produit. Les dirigeants européens devraient s’en inspirer.