A quand la prochaine crise ?

On constate des chiffres inquiétants et en même temps des facteurs rassurants.
Aux Etats-Unis, l’endettement atteint de nouveau des sommets. La dette des ménages, en additionnant les crédits immobiliers, les prêts automobiles, les encours de cartes de crédit et les prêts étudiants, atteint 12730 milliards de dollars (70% du PIB) et dépasse de 50 milliards le maximum du 3ème trimestre 2008. Par contre le ratio entre le remboursement des échéances et les revenus disponibles est de 10%, soit nettement moins que le 13% de 2007. Mais la proportion de gens qui ont du mal à rembourser est en augmentation, particulièrement dans le secteur automobile, beaucoup moins réglementé que le secteur immobilier. Et le gouvernement Trump fait tout ce qu’il peut pour rogner au maximum les garde-fous votés en 2010.

En Chine, la dette totale a augmenté en 10 ans de 151% du PIB à 257% (record mondial). Mais la plus grande partie de la dette est libellée en Yuan et détenue à l’intérieur du pays. Egalement la majorité est constituée de prêts de banques publiques à des entreprises publiques. On ne voit donc pas d’où pourrait provenir une « crise de la dette » dans ce pays.

L’Italie est considérée comme le maillon faible de la zone euro car sa dette de 130% du PIB est sensible aux mouvements de taux d’intérêt, et son économie n’est pas suffisamment performante pour espérer faire face à une crise venue d’elle-même ou d’ailleurs. Or les dispositifs d’aide conçus pour la Grèce et le Portugal sont trop faibles pour les grands pays tels que l’Italie.

Et finalement, il faut se dire que la prochaine crise, comme les précédentes, surviendra d’où on l’attend le moins. Peut-être même sera-t-elle causée par les algorithmes automatiques, qui ont déjà provoqué quelques frayeurs, des « flash cracks » se traduisant par fois par des baisses de 5% et plus pendant des temps de quelques fractions de secondes à plusieurs minutes.

Source : Le Monde Eco & Entreprises, Dimanche 9-Lundi 10 Juillet