Bras de fer sur la réglementation « Bâle IV »

Les américains et les européens n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les règles prudentielles à imposer aux banques pour limiter le risque de faillite bancaire. Le débat est très technique.

Jusqu’à maintenant, les grosses banques européennes évaluaient les actifs risqués en les pondérant par le risque de l’actif. C’est ce qu’on appelle le modèle « interne », parce que chacun évalue ses risques et les fait approuver par le régulateur.

Les américains ont chez eux imposé aux banques des ratios de capitaux « standard » égaux à 100% de la valeur des actifs, quels que soient les risques associés. D’une part ils estiment que le modèle « interne » est trop difficile à contrôler, d’autre part leur procédé convient mieux à la situation américaine. En effet les banques ont moins de crédits peu risqués car les entreprises se financent beaucoup plus sur les marchés financiers, et les crédits immobiliers ne sont plus à leurs bilans car ils sont titrisés rapidement. Enfin les banques américaines se sont refaites une santé et disposent de capitaux considérables qui les rend aptes à financer des réserves prudentielles élevées.

Ce n’est pas le cas des banques européennes, qui ont beaucoup d’actifs peu risqués (à leur point de vue) ce qui rend pénalisant un ratio standard élevé.

Les américains proposent alors d’établir un « plancher » (floor) du ratio moins élevé pour les entreprises utilisant un modèle « interne », et ils proposent 75%. Le problème est qu’un tel ratio pourrait en France multiplier par 3 les capitaux à mobiliser pour les crédits courants, et même par 4 pour le financement des transports.

Les américains essaient de convaincre les moins allergiques à l’augmentation des capitaux (Suisse, Japon). Les français redoutent que les Allemands ne fléchissent.

Source : Le Monde Economie & Entreprises 14/06/2017

N.D.L.R. : Que d’énergie perdue pour un résultat bien fragile (les ratios prudentiels n’ont jamais empêché les crises) et très dommageable à l’économie, car il immobilise des capitaux qui pourraient être utilisés plus utilement. La vraie solution c’est le « 100% monnaie », ou toute autre solution qui empêche structurellement la spéculation.