Ça bouge en Europe sur le protectionnisme

Deux événements sont venus fissurer le consensus européen sur le libre-échange, qui faisait que les termes de protection et de protectionnisme étaient jusqu’à maintenant tabous.

D’abord, la CEJ (cours européenne de justice) a retoqué le 16 mai le traité entre Singapour et l’UE conclu en 2013, au motif qu’il contenait des dispositions qui n’étaient pas de la compétence exclusive de l’UE. Il devra donc être approuvé, outre par la commission et le Conseil Européen, par tous les parlements nationaux. Les dispositions visées sont d’une part les investissements étrangers dans l’UE autres que directs (investissements de portefeuille), d’autre part le règlement des différends entre investisseurs et Etats. Ce n’est pas la mort des traités conclus directement par l’UE, mais c’est tout de même un avertissement à la Commission qu’elle ne peut faire n’importe quoi.

Ensuite, le président français nouvellement élu a un langage pour le moins nuancé sur le sujet. Il défend l’ouverture mais il exige des garde-fous. Il affirme qu’il demandera dans tous les traités des clauses fiscales, sociales et environnementales. Il met aussi l’accent sur « l’Europe qui protège ». Il demande le durcissement des outils de riposte au dumping, et aussi l’étude d’un « Buy European Act ».

Il y aura une forte opposition de certains pays, Mais l’attitude des USA et le départ du Royaume-Uni, également les déboires du TTIPP (accord UE-USA aujourd’hui au point mort), font bouger les lignes.

Sources : Cécile Ducourtieux « Libre-échange : le rôle des Parlement reconnu » et Marie de Vergès « Emmanuel Macron, défenseur prudent de l’ouverture commerciale », Le Monde Economie et Entreprises, 18 Mai 2017