Manifeste 2008

 

 

Nous souffrons particulièrement en France :

– D’un taux de chômage élevé et d’une situation diffuse de sous emploi (temps partiel subi, retraités qui souhaiteraient travailler, ceux qui touchent le RMI, tous ceux qui pourraient travailler mais ne le peuvent pas), si bien que 35% au moins des français en âge de travailler soit ne travaillent pas soit travaillent moins qu’ils ne le souhaiteraient.

– D’une politique commerciale et industrielle de long terme insuffisamment affirmée, face à une concurrence mondiale exacerbée, si bien que de nombreuses entreprises sont condamnées pour survivre à se délocaliser, à exporter les machines les plus perfectionnées et les secrets de fabrication qui sont à la base de la capacité européenne à produire des biens de haute technologie.

– En bref une situation plus que préoccupante qui met en danger tout à la fois notre niveau de vie, notre cohésion sociale et notre avenir économique.

Pour y remédier, des dépenses nouvelles sont absolument nécessaires pour répondre à des besoins et des projets essentiels, et pour réaliser les investissements indispensables au bien être de la population et à la préparation du futur. Sans être exhaustifs citons ceux de recherche et développement, de logement, d’éducation, de santé, de sécurité nationale, de transport, de systèmes spatiaux, de télécommunications, d’énergies nouvelles, de protection de l’environnement. …. Rappelons que l’emploi généré par ces investissements est un facteur de réduction du chômage, d’élévation du niveau de vie et de croissance des plus importants.

Notre incapacité actuelle à les réaliser provient-elle, comme on l’avance généralement, d’un excès de dépenses improductives ou somptuaires, de charges sociales trop élevées, de produits mal adaptés à l’exportation ? Nous pensons plutôt que les causes sont à rechercher dans des politiques monétaire et commerciale inadaptées. En particulier :

– Une absence de politique monétaire et budgétaire harmonisée et dynamique au sein de la zone euro

– Une politique inadaptée de la BCE : d’une part elle privilégie la lutte contre l’inflation, tout en étant incapable de lutter contre la hausse effective du coût de la vie. D’autre part elle sait prêter à guichets ouverts pour sauver les banques mais ne fait rien pour financer les investissements nécessaires à la croissance et au plein emploi.

– Une ouverture sans discernement de l’Europe aux vents dévastateurs de la mondialisation. La préférence communautaire est lettre morte et les capitaux partent s’investir ailleurs pour produire à moindre coût ce que nous consommons.

– Le système des taux de change variable sans régulation aucune, qui permet à certaines monnaies d’être exagérément sous- ou sur-évaluées.

– Les responsables politiques donnent à l’opinion une image apocalyptique de la dette publique, alors que celle du Japon en % du PIB est presque le double de la nôtre et que notre Etat, fort bien coté par les organismes de notation, place ses emprunts sans aucune difficulté et sans majoration de taux sur les marchés financiers.

A partir de ces diagnostics, nous faisons les propositions suivantes :

– Donner à la BCE, comme aux USA, un objectif non seulement de stabilité des prix, mais aussi de plein emploi.

– Alléger les contraintes budgétaires (pacte de stabilité) et en particulier ne pas comptabiliser les dépenses d’investissement dans le déficit (comme pour une entreprise). Aucun des Etats dont la monnaie est l’Euro ne devrait être obligé de réduire son déficit budgétaire en toutes circonstances et notamment lorsqu’il est nécessaire comme moyen de financement des investissements en vue d’une relance efficace et durable pour atteindre le plein emploi.

– Les investissements de long terme utiles à la Nation et à rentabilité lente (qui de ce fait ne peuvent supporter les taux d’intérêt du marché) pourraient être financés par des emprunts auprès de la BCE ou cautionnés par elle et non plus par l’impôt et/ou tout aussi bien par le biais d’organismes parapublics pouvant se refinancer auprès de la BCE.

– Donner à la BCE ou à un organisme ad hoc le pouvoir d’intervenir pour réguler les taux de change. Cet organisme pourrait aussi proposer aux responsables politiques des projets de réformes pour obtenir de meilleures parités.

– Redonner vie à la préférence communautaire prévue par le traité de Rome en définissant les conditions d’une protection qui ne soit pas excessive mais protège des concurrences sauvages les activités, en particulier industrielles, que l’on veut conserver en Europe.

Pour préciser ces possibilités de programme et les activités à mener nous envisageons d’organiser des réunions de travail dans les mois à venir. Nous invitons tous ceux qui veulent lever le blocage financier et idéologique actuel à y participer.

Pour notre part, nous estimons que nous sommes face à une absence de stratégie commerciale et industrielle et à une politique monétaire désastreuse. Etant donné qu’il existe un sous-emploi, il y a la main-d’œuvre nécessaire à la croissance. La politique monétaire doit faciliter les investissements et la consommation, et la politique industrielle permettre d’optimiser l’emploi des ressources. La politique commerciale doit pour sa part empêcher que tous ces efforts soient ruinés par des concurrences débridées.

 

              http://www.neties.com                                                         Association Chômage et Monnaie